Sciences et religions - l’impossible dialogue

Mercredi 20 avril 2016, par Normand Mousseau // Émissions

Est-il possible d’établir un réel dialogue entre sciences et religions ? Cette question accompagne l’humanité depuis plusieurs centaines d’années au moins. Pour les tenants du dialogue, les sciences et les religions explorent deux côtés de la réalité humaine qui ne sont pas complètement isolés, mais qui se rencontrent sur certains terrains — on pense à la cosmologie et à la biologie.

Pour d’autres, il n’y a pas d’échange possible entre ces deux mondes, car la science n’admet pas le dialogue par la nature profonde de ses fondements. Son avance ne peut que se faire au détriment du religieux, puisqu’elle repousse constamment les frontières du monde rationnel et intégré dans son modèle.

Notre invité d’aujourd’hui se positionne sans aucune hésitation dans le dernier groupe. Son livre « L’impossible dialogue », paru au début de 2016 aux Éditions Boréal, est sans appel à ce sujet : loin de dialoguer avec la science, les religions ont plutôt longtemps tenté d’en limiter le développement et la portée, un contrôle qui n’a pas encore disparu.

Yves Gingras est professeur à l’Université du Québec à Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Auteur de nombreux ouvrages, dont « Sociologie des sciences », paru aux Presses Universitaires de France en 2014, il nous a habitués à un franc parlé rafraîchissant qui ne laisse personne indifférent.

Écoutez l’émission ici :

MP3 - 25.3 Mo

Diffusion

Cette émission sera diffusée à Radio VM le jeudi 21 avril à 13 h 30 et en rediffusion le samedi 23 avril à 16 h.

L’émission sera également disponible en téléversement sur cette page et en baladodiffusion sur la page Université de Montréal de iTunes U à partir du dimanche 24 avril.

Merci à la Fondation familiale Trottier et au Fonds de recherche du Québec pour leur contribution à la production de cette émission.

Creuser, jusqu’où ?

Mardi 12 avril 2016, par Normand Mousseau // Émissions

Malgré sa diversification, l’économie canadienne demeure, depuis plus de 400 ans, dominée par l’extraction et l’exploitation des ressources naturelles. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à considérer l’étroite corrélation entre la force du dollar canadien et le prix du pétrole sur les marchés internationaux.

Or, en dépit des impacts de cette industrie sur l’ensemble des Canadiens, on discute fort peu chez nous de ses effets ou de la nature même de l’exploitation de ressources naturelles. Est-ce parce que cette exploitation se fait souvent dans des régions éloignées, qu’on ne connaît pas, ou alors seulement sous forme de mythe ?

Cette ignorance n’est pas sans coûts. Elle est en partie responsable, par exemple, de l’immense dette environnementale causée par de multiples mines abandonnées et qui dépasse de loin le milliard de $, seulement au Québec.

Alors que la question climatique est au cœur des programmes politiques et qu’on prend conscience, sur une base quotidienne ou presque, de la petitesse de notre planète, il est plus que temps de se demander jusqu’où on doit continuer à creuser et à exploiter les ressources de notre Terre.

Nous le ferons aujourd’hui en compagnie d’Yves-Marie Abraham, sociologue et professeur à HEC Montréal. Poursuivant ses recherches dans le domaine de la décroissance, il a codirigé, avec David Murray, un recueil intitulé « Creuser jusqu’où ? Extractivisme et limites à la croissance », paru à la fin 2015 chez Écosociété et qui fait suite, à un premier recueil intitulé « Décroissance versus développement durable. Débats pour la suite du monde » paru chez le même éditeur en 2011.

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Diffusion

Cette émission sera diffusée à Radio VM le jeudi 14 avril à 13 h 30 et en rediffusion le samedi 16 avril à 16 h.

L’émission sera également disponible en téléversement sur cette page et en baladodiffusion sur la page Université de Montréal de iTunes U à partir du dimanche 17 avril.

Merci à la Fondation familiale Trottier et au Fonds de recherche du Québec pour leur contribution à la production de cette émission.

Image : Fernando de Sousa

Arvida ou l’oubli collectif d’un patrimoine unique

Mardi 5 avril 2016, par Normand Mousseau // Émissions

Notre identité se construit par des relations avec notre environnement. Un environnement social défini par nos parents, nos sœurs, nos frères, nos amis et nos enfants, mais aussi un environnement physique, déterminé autant par les marqueurs naturels que par l’urbanisme et le bâti.

L’importance de ces relations devrait se refléter par une sensibilité historique envers notre patrimoine urbain. C’est certainement ce qu’on observe dans plusieurs sociétés.

Toutefois, Cette sensibilité n’est pas universelle et les Québécois démontrent, depuis longtemps, une indifférence marquée quant à la qualité de leur environnement physique, ignorant souvent les particularités de son patrimoine.

Or, le Québec a fait l’objet d’expériences fascinantes d’urbanisme comme l’a montré notre invitée par ses travaux approfondis sur Arvida, une ville aujourd’hui intégrée à Saguenay.

Lucie Morissette est professeure au Département d’études urbaines et touristiques à École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal et Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain. Récipiendaire de nombreux prix et distinctions, elle est, entre autres, membre de la Société royale du Canada.

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Diffusion

Cette émission sera diffusée à Radio VM le jeudi 7 avril à 13 h 30 et en rediffusion le samedi 9 avril à 16 h.

L’émission sera également disponible en téléversement sur cette page et en baladodiffusion sur la page Université de Montréal de iTunes U à partir du dimanche 10 avril.

Merci à la Fondation familiale Trottier et au Fonds de recherche du Québec pour leur contribution à la production de cette émission.

Liens de sang : Aux origines biologiques de la société humaine

Mardi 29 mars 2016, par Normand Mousseau // Émissions

La structure de la société humaine est unique sous de nombreux aspects. On n’a qu’à penser à la complexité des structures de pouvoir ou même, plus simplement, à celle de nos liens de sang. Se pose alors la question de l’origine de cette complexité et des choix qui ont été faits par nos ancêtres pour mener aux modèles actuels.

Pendant longtemps, les sociologues et anthropologues ont tenté de répondre à cette question fondamentale en analysant les sociétés primitives, isolées, où les structures sociales sont plus faciles à comprendre et où l’isolement relatif permet autant d’expériences indépendantes. Ces comparaisons ont permis d’identifier la richesse des sociétés humaines, mais aussi d’en extraire un certain nombre de constantes, dont notre relation à l’inceste et l’entraide naturelle entre les membres de notre famille proche.

Pour notre invité, ces études sont toutefois incomplètes car elles se contentent d’expliquer ces comportements par des avantages darwiniens largement appris. Or, pour percer l’origine de la structure de la société humaine, il faut aussi accepter le bagage génétique qui nous vient de nos ancêtres, les primates. Cette proposition, comme nous le verrons, est une certaine révolution qui nous force à repenser les forces qui orientent notre vie en société.

Bernard Chapais est professeur au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal. Il a reçu le prix William. W. Howells de l’American Anthropological Association pour son livre Primeval kinship : How pair-Bonding gave birth to ​human society, paru en 2008, et qui vient de sortir en français chez Boréal dans une édition revue en profondeur, dont le titre est Liens de sang.

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MP3 - 26 Mo

Diffusion

Cette émission sera diffusée à Radio VM le jeudi 31 mars à 13 h 30 et en rediffusion le samedi 2 avril à 16 h.

L’émission sera également disponible en téléversement sur cette page et en baladodiffusion sur la page Université de Montréal de iTunes U à partir du dimanche 3 avril.

Merci à la Fondation familiale Trottier et au Fonds de recherche du Québec pour leur contribution à la production de cette émission.

Exoplanètes

Mercredi 23 mars 2016, par Normand Mousseau // Émissions

L’existence d’autres mondes au-delà des limites de notre planète n’est pas un concept nouveau. Déjà dans l’Antiquité, certains penseurs soutenaient la possibilité de mondes similaires au nôtre, ailleurs dans l’Univers. Une suggestion qui fut éteinte par Aristote, dont les thèses d’un univers parfait et immuable centré autour de la Terre dominèrent la pensée occidentale durant 2000 ans. Cette dominance disparue toutefois avec les révolutions de Copernic et de Galilée. Giordano Bruno, un contemporain de Galilée, proposa que les étoiles fussent entourées de planètes et pussent elles aussi abriter des mondes similaires au nôtre. Mais il peut y avoir une certaine distance, en science, entre la proposition et la démonstration. Dans le cas qui nous occupe, il fallut près de 400 ans pour confirmer l’affirmation de Bruno, une confirmation qui s’appuie sur des travaux remarquables. En effet, malgré ce qu’on pourrait parfois penser, l’existence de systèmes planétaires à l’extérieur de notre système solaire n’a été démontrée qu’en 1995 et la première image d’un système d’exoplanètes n’a été prise qu’en 2008.

Pour en parler, nous recevons René Doyon, professeur au Département de physique de l’Université de Montréal et directeur de l’Observatoire du Mont-Mégantic et de l’Institut des exoplanètes. Parmi ses nombreuses contributions au domaine, René Doyon est un des chercheurs à l’origine de cette première image, un travail qui lui a valu de nombreux prix et reconnaissances dont Scientifique de l’année 2008 et la Médaille d’Honneur de l’Assemblée nationale, reconnaissances partagées avec Christian Marois et David Lafrenière.

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Diffusion

Cette émission sera diffusée à Radio VM le jeudi 24 mars à 13 h 30 et en rediffusion le samedi 26 mars à 16 h.

L’émission sera également disponible en téléversement sur cette page et en baladodiffusion sur la page Université de Montréal de iTunes U à partir du dimanche 27 mars.

Merci à la Fondation familiale Trottier et au Fonds de recherche du Québec pour leur contribution à la production de cette émission.

Image : première image directe d’un système d’exoplanètes, par l’équipe de Marois, Lafrenière et Doyon