Reconstruire l’Arctique grâce aux dinoflagellés

Comprendre notre passé, pour un historien, est une tâche très difficile : les guerres, les incendies, les révolutions laissent parfois des trous importants dans la documentation disponible, qu’il s’agisse d’écrits ou d’artefacts.

Imaginez alors ce que ça peut être pour une climatologue qui cherche à comprendre l’évolution de la planète sur plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’années. Dans ce cas-ci, les mesures directes se font rares, car nos ancêtres ne tenaient pas de registres météorologiques ! Il faut donc se tourner vers des données indirectes telles que l’étude des troncs d’arbres fossilisés, dont les anneaux nous renseignent sur le climat local durant leur vie, les couches de glace et les dépôts de matière organique.

En combinant ces mesures, les scientifiques ont réussi à reconstruire l’histoire du climat de la planète, partant d’abord de modèles simples où on supposait que les divers facteurs qui influencent le climat, tels que la température, la couverture de glace, les courants marins, la taille des glaciers, changeaient de manière synchrone, c’est à dire tous ensemble.

Grâce à des travaux novateurs qui ont littéralement mené vers la création une nouvelle discipline, notre invitée d’aujourd’hui, la palynologue et paléo-océanographe Anne de Vernal, a montré, au cours des dernières années, que ces modèles sont incomplets et que les relations entre les divers facteurs qui influencent le climat sont plus complexes qu’on ne le pensait, créant un petit bouleversement dans le monde de la climatologie.

Anne de Vernal est professeure au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’Université du Québec à Montréal et directrice du Geotop, un centre de recherche créé et il y a presque 40 ans et qui regroupe plus d’une trentaine de professeurs-chercheurs s’intéressant au système planétaire et provenant de domaines variés, de la géologie et géophysique à la biologie et la chimie. Chercheuse de renom, elle publie régulièrement dans les revues scientifiques les plus prestigieuses de la planète et a reçu de nombreux prix dont la médaille Michael J. Keen, de l’Association géologique du Canada, et le prix Michel Jurdant de l’ACFAS, l’Association francophone pour le savoir, en 2011.

Merci à la Fondation familiale Trottier et au Fonds de recherche du Québec pour sa contribution à la production de cette émission.

Écoutez l’émission ici :

MP3 - 37.4 Mo

Diffusion

L’émission est également disponible en baladodiffusion sur la page Université de Montréal de iTunes U

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Série

Cette émission s’inscrit dans le cadre d’une série sur les pôles. Pour voir les autres émissions, visitez l’onglet « Planète », ci-contre.